Merguellil





Sans eau nous allons mourir, avec l’eau nous allons aussi mourir, tout en continuant à boire l’eau de la pluie.

“Merguellil” (de l’arabe « nuit liquide ») est un projet de recherche et de création dressant le portrait d’une ville à la recherche d’une eau autrefois abondante. Merguellil constitue un des oueds les plus importants de l’histoire hydraulique tunisienne, porteur d’une eau double, à la fois vivifiante et meurtrière, à la fois basse et profonde. Avec l’oued Zeroud, ces deux cours d’eau traversent la région désertique de Kairouan, et furent responsables des inondations catastrophiques de 1969. Depuis, deux grands barrages, “Sidi Saad” et “Houarab”, ont été construits afin de contenir une eau débordante à la recherche de son contenant… Face aux bouleversements climatiques, l’eau s’y est résignée avant de disparaître. Les barrages deviennent alors un camp d’entraînement militaire pour Sidi Saad, et un centre pénitentiaire pour Houarab. Entre paysages rocheux et murs en béton, le projet “Merguellil” tend à raconter l’histoire d’un pays qui se vide de ses ressources vitales premières : l’eau et la liberté. Barrages et autoritarisme se fondent dans une symbiose dérangeante : celle des cours d’eau asséchés portant en eux les échos d’un écosystème submergé. Entre antériorité et postériorité, le projet dessine la projection de micros ciels déchirés entre la mémoire des flux asséchés et les vastes étendues en béton.

— En cours


Projet soutenu par 
ENOWE 
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